La forte croissance de l’Internet en Afrique soulève de nouveaux enjeux pour la régulation des télécommunications.
Au cours des dix dernières années, l’usage de l’Internet en Afrique a connu une croissance de 2000%, bien au-delà de la moyenne globale de 480%. Pour les régulateurs du secteur des télécommunications, il s’agit d’un progrès positif à bien des égards qui soulève toutefois de nouveaux enjeux en matière de régulation avec le développement des réseaux de nouvelle génération et la présence accrue des fournisseurs de contenus et de services Internet sur les marchés africains.
Dans quelle mesure la pénétration rapide de l’Internet en Afrique profitera-t-elle aux opérateurs locaux, qui ont beaucoup investi dans les infrastructures, rendant ainsi possible une telle pénétration ? Comment s’assurer que les nouveaux revenus générés seront partagés plus équitablement ? Comment les auditer ? Quelle portion de ces revenus sera taxable par l’État ? Comment mieux protéger les consommateurs contre tous les types de fraude associés à l’Internet ? Comment aider les opérateurs locaux à prévenir les pertes de trafic international occasionnées par les opérateurs illégaux qui utilisent l’Internet pour terminer illégalement des appels sur leur territoire ? Ces questions sont déjà d’actualité pour les régulateurs africains.
Selon Sarah Sheffer, auteur de l’article « Africa’s Internet Use Sees 2000% Growth », la croissance rapide de l’Internet en Afrique est tributaire des développements qui ont eu lieu dans le domaine des TIC au cours des dernières années. « Cette croissance significative représente la capacité accrue de l’infrastructure des TIC sur le continent ces dernières années, y compris une meilleure connectivité par fibre optique et l’augmentation de l’accès aux ordinateurs et aux téléphones mobiles », écrit-elle.
Cependant, Birgitta Cederstrom, spécialiste des TIC, fait remarquer que la pénétration de l’Internet en Afrique est toujours inférieure à celle des pays développés et que tous les pays africains n’en ont pas bénéficié de manière égale, la croissance ayant eu lieu principalement en Afrique du Sud, au Ghana et en Égypte.
Néanmoins, elle anticipe que les avancées technologiques récentes, telles que les câbles à fibre optique sous-marins, le déploiement de la fibre terrestre et l’arrivée de la connexion satellite dans toute l’Afrique mèneront à une croissance substantielle de la pénétration de l’Internet sur le continent durant les deux ou trois prochaines années.
On s’attend à des augmentations semblables, au cours de la même période, concernant l’usage des services de données, qui devrait augmenter de 60% dans les marchés les plus matures, et concernant la connectivité en Afrique de l’Ouest. On anticipe également que seuls les prix des services de données vont diminuer.
L’avenir semble donc prometteur pour l’usage de l’Internet en Afrique. Et les régulateurs africains, encore une fois, auront un rôle clé à jouer afin de s’assurer que cet avenir soit prometteur à la fois pour les citoyens, les gouvernements et les acteurs de l’industrie locale des télécommunications.
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